Impacts de l’environnement chez les enfants

La chambre des enfants -
Comment les protéger des menaces environnementales

Les bébés et petits enfants passent probablement la moitié de leur existence dans leur lit à dormir et parfois à jouer.

On imagine bien que la qualité de l’environnement dans leur chambre puisse avoir un impact sur leur santé.

Les éléments qui vont impacter cette santé sont :

  • Avant tout le MATELAS, car ils y sont « collés » pendant tout leur sommeil
  • L’OREILLER sur lequel ils posent leur tête (même si les bébés et petits enfants n’ont pas souvent d’oreiller)
  • Les draps, couettes et couvertures 
  • Le revêtement du sol
  • Le revêtement des murs
  • Les rideaux
  • L’électricité
  • Le mode de chauffage

LE LIT

Le lit par lui-même n’est pas l’élément qui aura le plus d’impact. On peut se méfier des constructions en bois dit « industriels » comme l’aggloméré ou le MDF qui sont de conception assez proche. Le principal risque environnemental est lié à l’utilisation de colles à base de formol pour leur fabrication. Il faut reconnaitre que la toxicité va toucher bien plus les bricoleurs qui manient ces matériaux que les enfants qui dorment dans un lit en MDF. 

Malgré tout le formaldéhyde est l’un des polluants les plus répandus de l’air intérieur. En effet, 10% des logements sont «multipollués» en France et 4% présenteraient des concentrations de formaldéhyde supérieures à la valeur guide proposée par l’AFSSET.

Si possible, il est donc préférable de choisir un lit dans des matériaux plus naturels comme les bois massifs et en particulier le pin qui est d’un prix abordable. Mais attention aux vernis ou aux peintures éventuellement utilisés pour les recouvrir.

L’ASEF a mené une étude qui mesurait les taux de formaldéhyde émis par quatre lits différents  achetés dans des magasins de grande distribution, allant de moins de 50 euros à plus de 200 euros. Ils étaient en bois massif ou en aggloméré.

Lors de cette enquête, l’AFSSET avait fixé une limite de 10µg/m3 pour une exposition sur le long terme. Si l’on compare les résultats aux valeurs guide de référence édictées par les autorités de contrôle sanitaires françaises, les taux émis par les lits représentent déjà plus d’un quart de la valeur toxique de référence – sans prendre en compte le reste des meubles et peintures polluant l’air de la chambre. Et n’oublions pas que le bébé est en contact avec ce meuble la quasi-totalité de la journée !

 «En menant cette étude, notre objectif n’était pas d’être exhaustifs, mais de montrer que dès la naissance nous sommes plongés dans un bain chimique. En tant que médecins, nous voulions prévenir et sensibiliser au maximum à la protection des plus sensibles. Aussi, il nous semble absurde d’exposer les nourrissons à cette pollution alors que nous pourrions l’éviter » déclare le Dr Pierre Souvet, Président de l’ASEF.

Le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l’ASEF souligne «Avec cette étude, nous espérons inciter les entreprises à mettre sur le marché des produits moins polluants, mais aussi inciter les décideurs politiques à rendre obligatoire l’étiquetage des matériaux d’ameublement afin que le consommateur puisse réellement choisir. En attendant, nous conseillons aux parents de mettre le lit à « dégazer » dans le garage quelques mois avant l’arrivée de bébé… L’objectif étant que demain nous ne regrettions pas nos actes d’aujourd’hui ».

LE SOMMIER

Le sommier : Ici le choix se fait surtout entre les sommiers à latte et ceux à ressort éventuellement ensachés. Il est rare qu’on utilise les sommiers à ressorts chez les enfants, mais ça peut arriver. 

Le choix n’est pas si simple. Sur le plan environnemental, le sommier à latte est supérieur sans aucun doute. Le sommier à ressorts offre une aération moindre comparée aux sommiers à lattes, surtout si le sommier est tapissé. Il peut aussi retenir l’humidité plus facilement, augmentant ainsi le risque de prolifération des acariens et des moisissures, ce qui peut être moins favorable pour les personnes souffrant d’allergies.

Le sommier à latte est sûrement le meilleur choix.

LE MATELAS

Nous en arrivons au matelas qui est le choix le plus important pour les enfants (mais aussi pour les adultes), car ils y sont « collés » des heures durant pendant la nuit. La priorité est de choisir des matériaux qui ne nécessitent pas de retardateurs de flamme (qui sont tous des perturbateurs endocriniens). 

Ces retardateurs – essentiellement source de brome qui est un compétiteur de l’iode et peut ainsi perturber le métabolisme de la thyroïde – sont des produits industriels obligatoires sur certains matelas comme ceux en mousse.

Les matelas en latex naturels en sont dépourvus (car ils ne brûlent pas) et ce matériau naturel est donc un des choix possibles. Certaines marques proposent des matelas de matériaux divers avec des labels ou des certificats qui garantissent leurs produits sans retardateurs ou autres produits chimiques (par exemple la norme OEKO-TEX® STANDARD 100).

Ces normes évitent les retardateurs de flamme (substances perfluorées (PFAS)), mais aussi d’autres polluants comme les colorants azoïques interdits, le pentachlorophénol, le cadmium, le plomb et même de nombreux produits chimiques nocifs, même s’ils ne font pas encore l’objet d’une réglementation légale

C’est le cas, par exemple, des matelas en fibre de coco. Ils doivent être également garantis sans COV (composé Organique Volatile).

Lisez bien ces normes et n’achetez un matelas pour votre enfant que s’il est garanti sans substance à risque.

LES OREILLERS

Pour les oreillers, les règles sont les mêmes que pour les matelas puisque certains sont en mousse synthétique avec des retardateurs de flamme et d’autres substances potentiellement toxiques. On choisira donc des matières qui permettent d’éviter ces retardateurs de flamme et qui bénéficient de label de qualité comme pour les matelas.

Parmi ces oreillers, il y a bien sûr ceux en plume qui sont sans risque sur le plan environnemental à condition de bénéficier des mêmes labels. Mais ils seront contre-indiqués chez les personnes allergiques. Ces dernières ont souvent des matelas en mousse ou autre matière de synthèse et on retombe sur l’importance des labels et l’absence de retardateurs de flamme.

LES MEUBLES ET LES MURS DE LA CHAMBRE

Les meubles de la chambre (commode, coiffeuse, table de chevet, armoires et penderies).

La situation est identique à celle du cadre de lit par lui-même.

Il est préférable de faire attention aux matériaux utilisés et de préférer des bois bruts plutôt que des bois industriels tout en se méfiant des vernis qui peuvent être utilisés pour les faire briller. Il est possible d’utiliser des produits avec des labels NF environnement ou l’écolabel européen. 

Pour les produits peints, les peintures à l’huile et glycéro peuvent être également toxiques. Utiliser au maximum des peintures à base d’eau comme pour les vernis.

 Pour les murs, ce sera la même chose. On utilisera uniquement des peintures à l’eau et on évitera les tissus muraux qui augmentent les risques d’allergies sans parler des colles utilisées qui peuvent aussi contenir des formaldéhydes.

 Au niveau du sol, une chose est sure, il faut absolument éviter les moquettes qui sont surtout source d’acariens et d’allergies, mais qui vont aussi augmenter le risque de COV (composé Organique Volatile) du fait des matériaux et des colles utilisés.

Pour les mêmes raisons, on évitera les autres matériaux du même type comme le coco, le sisal ou le jonc de mer qui sont des nids à poussière même s’ils sont de qualité. 

Les linoléums et autres sols vinyles proposent parfois des produits de qualité avec même des composants « naturels », mais ça reste des produits amalgamés avec des résines et surtout collés avec des colles dont la qualité est très variable. Idéalement, il faudrait choisir un lino bénéficiant d’un label de qualité et qui serait posé avec des bandes de scotch double face, mais ce n’est pas l’idéale au niveau de la longévité.

C’est pourquoi ces produits ne sont pas les meilleurs choix à priori.

Plusieurs solutions alternatives sont possibles : 

  • le carrelage qui est souvent considéré comme un peu trop « froid » pour une chambre, mais qui est très sain sauf si on y pose des tapis ou autres descentes de lit qui sont des nids à poussières et acariens
  • Les bétons cirés ou autres revêtements minéraux peuvent être une solution élégante 
  • Le parquet flottant qui est une bonne solution à condition de choisir des produits de qualités, car là aussi on trouve de tout au niveau des compositions.
  • Le parquet en bois véritable est la solution qui est la plus saine (mais aussi la plus chère) à condition de bien choisir les vernis qui seront utilisés pour le recouvrir.

LES COUETTES, DRAPS ET TISSUS

Concernant les couettes, on a en général moins ce problème des retardateurs de flamme, mais cela peut exister dans les matériaux les plus « ordinaires ». Si vous voyez une mention « antifeu », surtout fuyez et choisissez des matériaux plus nobles et bénéficiant encore une fois des labels de qualité comme pour les matelas.

Attention, certains labels comme « GOTS » pour Global Organic Textile Standard (qui implique une production de textile responsable d’un point de vue social et écologique) ou « coton bio » (qui sont 100% coton issu de l’agriculture biologique) ne certifient pas qu’il n’y a pas d’ajouts de produits à risque en fin de production. En général ce sont des produits de qualité, mais il vaut mieux vérifier les détails de la composition et de la fabrication et exiger des labels qui évitent les retardateurs de flamme ou autres produits potentiellement à risque comme certains colorants.

Évidemment, les couettes en plume pourront être contre-indiquées en cas d’allergies. Prenez conseil auprès de votre médecin.

 

Pour les draps et housses de couette ou d’oreiller, le plus simple est de choisir des matériaux naturels comme des cotons ou des lins idéalement d’origine bio ou proposant des labels de qualité. On évitera les tissus de synthèse dans la mesure du possible. Attention aussi aux colorants utilisés par l’industriel.

Une fois qu’on a choisi des draps de bonne qualité, le plus important sera de choisir les produits de lavage et d’entretien avec soin. Reportez-vous aux fiches correspondantes et lisez le guide de l’ASEF au sujet du « bio-ménage » : https://www.asef-asso.fr/production/le-petit-guide-sante-du-menage/

 

Pour les rideaux, on choisira des produits naturels, sans retardateurs de flamme, mais ils sont nombreux. Attention aux tissus qui accumulent la poussière à cause des risques d’allergies. Mais le plus important c’est à la fois de les nettoyer régulièrement sans utiliser le nettoyage à sec qui est source de composés volatils trop toxiques.

Une autre solution simple : ne pas installer de rideaux !

ACARIENS ET ALLERGIES

En pratique, surtout chez les allergiques, il faut faire la chasse à la poussière et donc à tous les éléments ou matériaux qui accumulent cette poussière et donc les acariens.

Je ne détaillerai pas ici les produits antiacariens, car ils font partie d’une approche purement médicale et non pas environnementale. Si une personne est très allergique aux acariens, en dehors des conseils déjà donnés, il faudra qu’elle suive les conseils de son médecin pour éliminer au maximum la présence de ces acariens.

Ce qui veut dire qu’il faut aussi être attentif au ménage de la chambre qui devra être attentif pour éliminer les poussières en utilisant des produits d’entretien labélisés (voir le chapitre correspondant) tout en aérant tous les jours cette pièce afin d’éviter l’accumulation d’humidité qui serait tout aussi à risque.

Cela m’amène à parler du chauffage. Idéalement il ne faut pas de chauffage dans une chambre pendant la nuit. Dans tous les cas il faut éviter les chauffages qui assèchent trop l’air ou qui rediffusent la poussière comme radiateurs électriques basiques et les climatisations réversibles. Là encore il faudra aérer quotidiennement et parfois utiliser des humidificateurs d’airs si cela s’avère nécessaire, surtout en cas de pathologies allergiques ou ORL chroniques.

Les petits enfants ont souvent le nez bouché à la nuit quand l’air est trop sec.

LES PRODUITS ELECTRIQUES

Nous finirons par évoquer les différents produits électriques, qu’ils soient connectés ou non. C’est un problème qui concerne bien plus les parents que les enfants, mais quelques conseils de base sont bons à rappeler :

En premier lieu, pour des raisons d’onde et de perturbation du sommeil, il est préférable d’éviter le passage de fils électrique d’un côté à l’autre de la tête du lit même si aucune étude ne prouve formellement le risque.

Mais la priorité est d’éviter au maximum le wifi et le Bluetooth dans la chambre pendant les périodes de sommeil. Attention aux téléphones qu’on laisse dans la chambre pour faire de la musique ou à tous les objets connectés (et ils sont de plus en plus nombreux)

Il en est de même pour la box internet qui ne devra pas émettre de wifi pendant la nuit même si nous savons que tout cela est relatif pour les personnes qui habitent dans des appartements au cœur des grandes villes où les ondes sont partout !

Pensez aussi à débrancher les appareils électriques qui émettent de la lumière comme une éventuelle télévision. Ces multiples diodes qui restent allumées sont une source de pollution lumineuse qui peut gêner le sommeil.

 

 

Chaque élément de prévention ci-dessus a un impact potentiellement limité (à part les matelas avec retardateurs de flamme qui sont très toxiques), mais si on met tous ces éléments ensemble, on peut vraiment impacter la santé de nos enfants (comme avec la pollution aérienne par le formaldéhyde) et les prendre en compte peut vraiment modifier l’évolution de ces petits d’homme, que ce soit en termes de santé physique, mais aussi et surtout cérébrale.

A vous de faire vos choix

Ces conseils n’ont pas vocation à remplacer une consultation médicale. Ils peuvent vous aider à mieux dialoguer avec votre médecin afin de faciliter le diagnostic et les choix thérapeutiques.

 Ils peuvent éventuellement vous permettre d’attendre le rendez-vous avec votre médecin si les délais sont un peu longs.