Bronchite aiguë
Virus ou bactéries : identifier les causes des bronchites aiguës
La bronchite aiguë est une maladie infectieuse. Il existe 2 causes principales qui sont parfois liées :
- Les virus
- Les bactéries
Il existe d’autres causes de bronchites infectieuses : la tuberculose (une mycobactérie particulière), assez rare heureusement dans nos pays et que je ne détaillerai pas, et les levures ou champignons donnant des infections plutôt persistantes et que l’on rencontre surtout chez des personnes immunodéprimées (chimiothérapie, SIDA, traitement immunosuppresseur…).
Mais la grande majorité des bronchites aiguës, que l’on rencontre en particulier en hiver, sont virales ou bactériennes.
Les bronchites virales
Ce sont les bronchites les plus fréquentes et, à de rares exceptions, les moins graves.
Les bronchites virales potentiellement graves sont :
- Les bronchiolites du nourrisson où la gravité est liée au terrain particulier, car un bébé ne sait pas cracher et ses bronches peuvent se spasmer et s’encombrer très vite – reportez-vous aux fiches spécifiques de cette pathologie
- Les bronchites qui apparaissent chez un patient fragile et mal équilibré (asthme, bronchite chronique, cancer, dénutrition…). Là encore la gravité est liée au terrain.
- Certaines grippes dont, une nouvelle fois, la gravité est essentiellement liée au terrain : obésité, insuffisance respiratoire, âge, grossesse…et toujours en lien avec une surinfection bactérienne secondaire.
- Des infections respiratoires liées à certains virus particuliers, comme le COVID-19 que je ne détaillerai pas dans les fiches sur la bronchite.
Mais quelle que soit la cause, il est évident que certains vont très facilement s’en sortir et d’autres vont malheureusement en mourir. Pourquoi ? Parce que, comme l’a si bien dit Antoine BECHAMPS : « le microbe n’est rien, le terrain est tout » !
C’est pour cela qu’il est important d’agir en prévention, surtout chez les personnes fragiles ; car évidemment il vaut mieux prévenir que guérir.
Les virus respiratoires bénins
Ils donnent des infections respiratoires brutales avec une toux sèche souvent d’apparition brutale. Suivant le terrain de la personne et la qualité de son système immunitaire, cette infection aiguë va guérir en quelques jours à quelques semaines. On pourrait même se passer de traitement, mais pour ma part, je donne systématiquement un traitement naturel pour réduire le risque de surinfection et/ou de toux persistante.
En effet, les seuls risques de ces bronchites virales banales sont :
- Une toux qui peut persister pendant des semaines
- Une surinfection bactérienne toujours possible si le terrain est fragile et dans ce cas, on évolue vers une bronchite plus profonde et plus grave (voir plus bas)
Les virus grippaux et paragrippaux
Chaque hiver on nous rebat les oreilles (et je suis poli) avec la grippe et ses dangers. C’est à mon sens très excessif, mais c’est évidemment pour mieux nous vendre le vaccin censé nous protéger.
Encore une fois, ce n’est pas tant la grippe qui est à risque, mais le terrain sur lequel elle apparaît.
Je peux affirmer qu’en 30 ans de pratique, je n’ai jamais eu un seul patient qui ait été hospitalisé pour une grippe. Il faut dire que j’ai un biais de recrutement, puisque mes patients viennent me voir pour faire de la prévention et qu’ils ont une hygiène de vie bien meilleure que la moyenne de la population. Et ils sont rarement fumeurs.
Ce qui veut dire qu’on ferait mieux de mettre tout l’argent dépensé dans les campagnes de vaccination pour faire de l’information sur l’hygiène de vie et les moyens de prévention des infections hivernales. Oui, mais voilà, ça ferait perdre de l’argent aux vendeurs de tabac et de vaccins. Et ça ferait même perdre de l’argent à l’état qui rentrerait moins de taxes ! Comme quoi le système est un peu vicié à la base, non ?
Les coronavirus
J’utilise le pluriel, car il existe plusieurs coronavirus et cette famille de « virus à couronnes » est connue depuis les années 60.
Les chauves-souris et les oiseaux, en tant que vertébrés volants à sang chaud, sont des hôtes idéaux pour les coronavirus assurant l’évolution et la dissémination du virus.
Jusqu’à peu, on connaissait 4 coronavirus responsables chez l’homme d’infections bénignes.
Au début des années 2000 sont apparus des coronavirus bien plus méchants.
D’abord, le « SARS-CoV » en 2003 responsable de la très grave épidémie de « SARS’ » qui est l’acronyme anglais de « Severe acute respiratory syndrome » ou « syndrome respiratoire aigu sévère » lié au coronavirus.
Elle est apparue en Chine (déjà) en 2002 et serait liée à la consommation dans un restaurant d’un animal sauvage, la civette palmiste masquée !? Cette maladie n’a fait finalement « que 774 morts » ce qui a représenté 10 % environ des personnes atteintes. Sans qu’on puisse réellement expliquer pourquoi, cette infection ne s’est pas étendue aux autres pays et elle a été considérée comme éradiquée en 2004.
Ensuite, le « MERS-CoV », pour « syndrome respiratoire du Moyen-Orient » qui a débuté en Arabie saoudite en 2012. Sa mortalité est catastrophique, puisqu’elle s’élève à 35 % des sujets touchés ! Heureusement, ce virus est beaucoup moins contagieux et on dénombre actuellement « seulement » 450 décès.
Encore une fois on incrimine le passage de l’animal à l’homme et en l’occurrence la consommation de lait de chameau ou la proximité avec les chameaux. Mais dans ce cas, pourquoi cette maladie est aussi rare alors que l’usage du chameau est largement pratiqué dans tout le Moyen-Orient ?
À ce jour, aucune réponse et aucun traitement. Pourtant, des gens meurent chaque année de cette maladie, y compris des Occidentaux après un séjour dans cette région et possiblement un contact étroit avec des chameaux.
Et enfin, ce SARS-CoV-2 responsable de la pandémie de « Covid-19 » (pour maladie à coronavirus 2019) apparue en Chine en octobre 2019 avant de s’étendre, cette fois-ci au monde entier. Là encore on a incriminé la consommation de viande de pangolin et/ou de chauve-souris (vendues pour l’alimentation en Chine), mais le consensus actuel est d’affirmer que le virus est sorti du laboratoire de recherche P4 de Wuhan où des expériences sur les « gains de fonction » étaient en cours (pour créer des vaccins et des armes bactériologiques).
Je ne détaillerai pas le Covid-19 dans les fiches sur la bronchite chronique. Nous aurons l’occasion d’en reparler dans d’autres dossiers.
AUCUN traitement officiel pour agir sur les bronchites virales
Pour revenir aux bronchites aiguës, sachez que la majorité des syndromes grippaux de l’hiver sont en fait dus à des virus qu’on appelle « paragrippaux », c’est-à-dire des cousins du virus de la grippe contre lesquels la vaccination est totalement inefficace. Ce qui ne sera pas le cas des démarches préventives que je vous détaillerai plus bas et qui, en renforçant le terrain, agissent sur la prévention de TOUTES les infections respiratoires.
Encore une fois, même si ces infections virales dues à des virus paragrippaux ne sont pas dangereuses en soi, elles peuvent toujours se compliquer et je propose systématiquement un traitement pour les guérir plus vite. Ce que ne propose pas l’allopathie, car, en dehors des antibiotiques qui sont exclusivement actifs sur les bactéries, il n’existe AUCUN traitement officiel pour agir sur les bronchites virales. Ce qui explique aussi pourquoi le ministère base toute sa communication sur la vaccination, qui est la seule méthode validée pour réduire le risque de complications liées à la grippe.
Et ce qui explique la politique sanitaire désastreuse pendant le Covid-19 où on a répondu aux malades : prenez du doliprane et restez chez vous. Sans commentaires !
La « vraie grippe » est souvent assez simple à reconnaître, même si, parfois, les symptômes ne sont pas aussi typiques :
- Elle donne une fièvre très élevée, souvent entre 39 et 40°C
- On peut même observer le fameux « V grippal » : la fièvre montre brutalement assez haut pendant 24 à 48h puis va baisser autour de 38 °C, voire plus bas, laissant penser que l’infection était bénigne et se termine rapidement. Puis la température va de nouveau remonter brutalement autour de 39/40
- Elle s’accompagne presque toujours du syndrome grippal : frissons parfois intenses et courbatures comme si on avait été roué de coups.
- Rapidement, la toux va s’installer. Elle est tenace, fatigante, avec une sensation d’écharde, de véritable plaie au niveau des grosses bronches.
- Cette toux est d’abord très sèche, mais pourra devenir légèrement productive avec le temps. Elle va durer plusieurs semaines si on n’intervient pas rapidement pour enrayer l’installation du virus, qui crée une véritable plaie au niveau des bronches.
- Elle peut se compliquer d’une surinfection bactérienne (c’est la seule raison pour donner des antibiotiques) ou d’une insuffisance respiratoire si le virus se multiplie rapidement et vient créer de multiples lésions ou si le patient a déjà une insuffisance respiratoire pour d’autres raisons.
- Elle est potentiellement mortelle à cause de la surinfection et l’aggravation de l’insuffisance respiratoire, nécessitant une hospitalisation en service de réanimation et parfois une intubation pour mettre en place une respiration artificielle. La majorité des personnes meurent de la surinfection et pas du virus grippal lui-même. Il y a chaque année entre 200 et 500 morts liés à la grippe et non pas des dizaines de milliers, comme on le dit parfois à la radio ?
Malgré tout, la grippe n’est pas la seule infection pulmonaire virale. Les virus les plus souvent rencontrés sont les :
- Virus Influenza A et B (virus de la vraie grippe) qui sont loin d’être les plus fréquents.
- Virus Para-Influenzae qui donnent donc des syndromes paragrippaux, proches de la grippe
- Virus respiratoire syncytial qui donne des bronchites parfois assez marquées et les bronchiolites du nourrisson
- Rhinovirus E
- Adénovirus
- Coxsackie virus
- Coronavirus
On voit donc qu’il y a de multiples raisons de faire des bronchites virales et je rappelle que le vaccin protège uniquement contre les virus Influenzae, et encore de façon très partielle (moins de 50% d’efficacité en général).
Les vraies grippes sont donc minoritaires et heureusement rarement très graves. En moyenne, une bronchite virale va durer 2 semaines, mais, comme la vraie grippe, on peut les enrayer plus vite avec un traitement naturel. Suivant l’agressivité du virus, elles pourront donner une toux sèche chronique qui peut durer 1 à 2 mois !
Si la toux devient très grasse, il faut suspecter une surinfection bactérienne !
Les bronchites bactériennes
Elles sont finalement, comme pour les angines, bien plus rares. Ce qui veut dire que dans une grande majorité des cas, les antibiotiques sont inutiles au début d’une bronchite. Car je vous rappelle que les antibiotiques sont actifs exclusivement sur des bactéries.
En allopathie, il n’existe aucun médicament efficace sur les virus respiratoires. On a bien tenté d’imposer le Tamiflu® comme traitement de la grippe, mais toutes les études sont d’accord pour dire qu’il est sans effet sur la gravité ou l’évolution de la maladie.
Contrairement aux angines qui, lorsqu’elles sont virales, évoluent peu vers une angine bactérienne, les bronchites virales se compliquent plus souvent d’une surinfection bactérienne avec expectoration purulente. Cela est dû à l’anatomie des poumons qui sont un cul-de-sac où les bactéries peuvent plus facilement se développer en cas d’inflammation ou d’hypersécrétion.
C’est pourquoi certains médecins donnent systématiquement des antibiotiques en cas de bronchite, au cas où il y aurait une surinfection.
Il arrive qu’une bronchite soit d’emblée bactérienne. Dans ce cas, elle peut être assez grave, car les bactéries détruisent une partie des alvéoles et le pus qu’elles entraînent va engorger les bronchioles et entraîner des difficultés respiratoires.
Les principaux microbes rencontrés sont :
- Streptococcus pneumoniae qu’on appelle aussi pneumocoque et qui donne des broncho-pneumonies parfois graves avec foyer pulmonaire purulent (abcès)
- Haemophilus influenzae qui touche beaucoup les enfants et peut donner aussi des otites et des angines
- Mycoplasma pneumoniae qui donne des symptômes pouvant faire penser à une bronchite virale, car il s’accompagne de moins de pus et d’expectoration
- Chlamydia pneumoniae qui est un « cousin » du précédent et comme lui est un germe intracellulaire. Il donne aussi moins de pus et d’expectoration, mais est un peu plus méchant que le mycoplasme. Ces 2 microbes ont la mauvaise habitude de donner des infections récidivantes, car le germe peut rester caché dans notre organisme. Et souvent on n’en fait pas le diagnostic au moment de l’infection aiguë.
- Moraxella catarrhalis
- Bordetella pertussis qui est la bactérie de la coqueluche avec sa toux plutôt sèche, mais aboyante et épuisante. On voit de plus en plus de coqueluches l’hiver, en particulier chez l’adulte, et il faut y penser, car elle bénéficie d’une antibiothérapie spécifique si on la diagnostique à temps (le vaccin est d’une efficacité limitée).
Je viens de citer les principales bactéries qu’on rencontre en ville, mais il en existe bien d’autres, qu’on peut contracter plutôt dans des collectivités ou des services hospitaliers. Je pense en particulier à :
- Des germes anaérobies comme : Fusobacteriums ou bactéroïdes qu’on rencontre surtout à l’hôpital
- Des germes aérobies souvent graves, mais heureusement moins fréquents : staphylocoque doré, Klebsiella Pneumoniae, les Pseudomonas, Entérobacter, Serratia…
- La fameuse légionellose due à la bactérie Legionella ainsi dénommée, car elle a été découverte lors d’une épidémie qui avait touché des anciens combattants. Elle est souvent transmise par l’air des conduits d’aération ou de climatisation des immeubles et bureaux quand ils sont mal entretenus. On en rencontre également dans les hôpitaux !
Dans tous les cas, si une bronchite bactérienne est suspectée, il sera souvent indispensable de traiter par antibiotique. En ville, on donne un traitement probabiliste dont le but est avant tout d’être actif sur les pneumocoques. Pour ce faire nous prescrivons essentiellement de l’amoxicilline. Son défaut est d’être inactif sur les chlamydiae et mycoplasme. C’est pourquoi, si la bronchite ne s’amende pas rapidement, il faudra changer d’antibiotiques.
Si une bronchite purulente apparaît chez un patient fragile ou suite à une hospitalisation, il sera préférable de faire une analyse du crachat pour rechercher le germe exact afin de donner le plus rapidement possible un traitement adapté.
Mais souvenez-vous que si vous avez une bronchite avec expectoration purulente, il sera plus raisonnable de prendre un antibiotique plutôt que de se contenter d’un traitement naturel. Pour les mêmes raisons, une consultation s’impose souvent pour que le médecin analyse la gravité et prescrive éventuellement des examens complémentaires, et en particulier une radiographie.
Inversement, en cas de bronchite virale (les plus fréquentes), les antibiotiques seront inutiles et il faudra envisager un traitement par d’autres méthodes.
Pour aller plus loin
Ces conseils n’ont pas vocation à remplacer une consultation médicale. Ils peuvent vous aider à mieux dialoguer avec votre médecin afin de faciliter le diagnostic et les choix thérapeutiques.
Ils peuvent éventuellement vous permettre d’attendre le rendez-vous avec votre médecin si les délais sont un peu longs.