Bronchite aiguë

Prise en charge allopathique

Je vais parler ici des traitements allopathiques proposés en médecine classique.

Les médicaments utilisés par la médecine conventionnelle

De quels médicaments disposons-nous officiellement pour soigner une bronchite aiguë  ? Le choix est assez limité !

Les antibiotiques

Ils sont donc donnés en cas de bronchite aiguë, bactérienne d’emblée (peu fréquente) ou en cas de surinfection d’une bronchite virale (ce qui arrive surtout si on n’a pas pris en charge correctement l’infection virale).

Les médecins vont utiliser surtout deux classes d’antibiotiques :

  • Des dérivés de la pénicilline qu’on appelle des bêtalactamines et en réalité surtout une molécule : l’AMOXICILLINE, qui est l’antibiotique de référence dans les bronchites bactériennes, car il est très actif sur le pneumocoque. Parfois, le médecin préférera l’AUGMENTIN®, qui est une association d’Amoxicilline avec une molécule particulière, l’acide clavulanique nécessaire quand on a affaire à un microbe résistant. Évidemment, on ne le sait pas à l’avance et c’est pourquoi l’Augmentin® est souvent utilisé en première intention, bien qu’il soit moins bien toléré. Mais cette classe d’antibiotiques a une limite : ils ne sont pas efficaces sur les mycoplasmes et chlamydiae ni sur la coqueluche, des bactéries loin d’être rares.
  • On va donc régulièrement utiliser une autre classe d’antibiotiques, les macrolides, et en particulier 2 molécules particulièrement efficaces et bien tolérées : le ZITHROMAX® (azithromycine) ou le ZECLAR® (clarithromycine). Ils sont efficaces sur la plupart des bactéries responsables de bronchites, mais seulement sur 50 à 70 % des pneumocoques, contrairement à l’AUGMENTIN® actif à 95 % sur ce germe dangereux. Donc, si une des classes ne paraît pas fonctionner et que la bronchite ne s’amende pas dans les cinq jours, il faudra changer de classe d’antibiotiques.
    On propose aussi ces macrolides s’il existe une allergie aux bêtalactamines.

Cette différence d’activité antibactérienne explique pourquoi, chez des patients fragiles faisant une bronchite aiguë purulente, on proposera une analyse bactériologique des crachats. Cela permet de trouver plus rapidement l’antibiotique le plus efficace.

La plupart du temps, les antibiotiques sont donnés pendant 8 à 10 jours en cas de bronchite aiguë, sauf dans les cas graves où ils seront poursuivis plus longtemps.

C’est évidemment au médecin de décider du meilleur traitement en fonction de son examen clinique, des symptômes et du terrain du patient.

Des fluidifiants

En cas de toux grasse, il peut être utile de fluidifier les sécrétions pour permettre leur expulsion plus efficace.

Ces traitements sont considérés comme peu efficaces par les pneumologues et ne sont pas prescrits systématiquement.

Ce sont surtout des molécules soufrées, comme l’acétylcystéine ou la carbocystéine. Il existe plusieurs dizaines de spécialités en pharmacie (en comptant les différents génériques) 

Pour ma part, je préfère largement les sources naturelles de soufre que je détaillerai dans la fiche sur la prise en charge intégrative, mais j’utilise parfois la N-acétylcystéine (vendue, par exemple sous le nom de Mucomyst®, Exomuc® ou encore Fluimucil®), mais ces spécialités contiennent des excipients pas toujours bien tolérés.

Des antitussifs

En cas de toux grasse, on peut envisager des fluidifiants, mais il ne faut jamais donner d’antitussifs, car cela prolongerait l’infection inutilement sans soulager le malade.

Les antitussifs sont donc indiqués uniquement dans les toux sèches, appelées aussi « non productives ».

On trouve de nombreux remèdes dans le Vidal. Certains sont peu efficaces et d’autres dangereux, car dérivés de l’opium. Heureusement, beaucoup ont été supprimés ces dernières années, car certaines personnes utilisaient ces sirops pour des raisons de toxicomanies. Leur balance bénéfice-risque est considérée comme assez mauvaise.

À l’opposé, nous disposons de nombreuses plantes pour agir sur la toux et, d’ailleurs, certains sirops en pharmacie sont exclusivement à base de plantes. L’homéopathie peut également être très efficace sur certaines toux sèches. 

Pour plus de détails sur tous ces produits curieusement assez peu prescrits par les médecins, reportez-vous aux fiches sur la toux.

Au final, si on ne vous prescrit pas d’antibiotique, il y a de grands risques que vous retourniez chez vous avec une prescription de paracétamol comme cela a été proposé dans le Covid-19.

Par contre, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé)  a rappelé une nouvelle fois, le 17 décembre 2025 dans un communiqué, qu’il ne fallait jamais donner d’anti-inflammatoires dans ce type d’infection au risque de prolonger voir d’aggraver la maladie. 

Ils précisent que les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène) peuvent « masquer les symptômes d’une infection bactérienne (streptocoque, pneumocoque) et retarder un traitement adapté »

En rappelant le résultat de la pharmacovigilance : « Ces situations sont loin d’être anecdotiques, puisqu’entre le 1er janvier 2019 et le 30 juin 2023, 216 cas graves ont été déclarés en France, 162 avec l’ibuprofène, et 54 avec le kétoprofène. Douze décès ont été signalés, « dont des enfants et de jeunes adultes en bonne santé », précise l’agence française du médicament. »

 

Pour aller plus loin

Ces conseils n’ont pas vocation à remplacer une consultation médicale. Ils peuvent vous aider à mieux dialoguer avec votre médecin afin de faciliter le diagnostic et les choix thérapeutiques.

 Ils peuvent éventuellement vous permettre d’attendre le rendez-vous avec votre médecin si les délais sont un peu longs.