Le panaris

La Prise en charge intégrative

Dans la fiche : « Panaris : Le reconnaitre et le comprendre » vous trouverez tous les critères cliniques pour reconnaitre un Panaris car pas question de passer à côté ce diagnostic.

En cas de doute, consultez un médecin ou un pharmacien.

Dans cette fiche vous trouverez aussi les recommandations officielles de prise en charge.

En pratique, la médecine intégrative permet d’aller bien plus loin dans la prise en charge et bien plus vite dans le soulagement des symptômes.

Voici ce qu’on peut envisager en fonction du stade du panaris.

Panaris débutant, non collecté (stade inflammatoire)

Le doigt est rouge, chaud, mais sans pus visible et avec une douleur modérée. C’est le début de l’infection. Les soins locaux peuvent suffire.

À ce stade, l’objectif est de désinfecter, limiter l’inflammation et surveiller l’évolution. 

– Lavage : lavez soigneusement le doigt à l’eau et au savon, puis rincez. 

– Bains antiseptiques : 2 à 4 fois par jour, faites tremper le doigt 10–15 minutes dans de l’eau de Dakin diluée de moitié avec de l’eau tiède (utilisez une tasse à café par exemple.. Attention, le Dakin est comme de l’eau de Javel. Il va décolorer définitivement les tissus, donc faites bien attention.

Si vous n’avez pas de Dakin ou si vous n’aimez pas l’utiliser, vous pourrez le remplacer par une solution à base de chlorhexidine ou d’Hexomédine transcutanée, ou de Bétadine, mais le Dakin est souvent plus efficace dans ces situations.

Après le bain de doigt, bien sécher et, s’il existe une petite plaie, en particulier le long de l’ongle, vous pouvez appliquer 2 gouttes d’huile essentielle de LAVANDE Officinale et recouvrez d’un pansement. L’utilisation de l’HE n’est pas indispensable.

– En dehors de ces bains de doigt, par exemple après votre toilette, vous pourrez appliquer localement de la Bétadine Dermique (flacon jaune) puis faire aussi un pansement non occlusif pour protéger le doigt. Changez-le régulièrement dès qu’il est sale. Au moins tous les jours.

Certains proposent des applications d’huiles essentielles à visée antibiotiques qui peuvent être très efficaces, mais les bains de Dakin semblent supérieurs

À côté de ces soins locaux indispensables, l’approche intégrative pourra être très utile pour une résolution plus rapide, limiter le risque d’évolution défavorable et réduire les symptômes.

Surtout, évitez les anti-inflammatoires (ibuprofène, etc.), car ils peuvent favoriser la diffusion de l’infection. 

Vous pourrez prendre, par contre :

Pour l’aspect local (doigt rouge et gonflé) et la douleur, prendre 3 granules 3 fois par jour de  :

  • BELLADONNA 5CH si le doigt est très rouge avec une douleur pulsatile et plutôt aggravée par le froid et surtout par le toucher
  • APIS MEL 5CH pour un panaris débutant avec œdème rosé, donc moins inflammatoire et non pulsatile. Ça pique, ça brule et c’est soulagé par les applications froides.

Pour l’aspect infectieux, prendre : 

  • PYROGENIUM 9CH : 5 granules au réveil jusqu’à guérison du panaris
  • HEPAR SULFURIS CALCAREUM 30CH : 1 dose 1 seule fois dans la matinée. Si ce traitement est efficace, mais que l’inflammation persiste, reprendre 1 dose 48h plus tard.

 

Ce stade de panaris est une affection purement locale et les traitements par voie orale sont souvent inutiles, sauf pour prendre en charge un terrain fragile (diabète, immunodépression … mais ce n’est pas l’objet de cette fiche)

De la même façon, les antibiotiques par voie orale ne sont pas systématiques à ce stade ; ils sont réservés aux formes plus sévères ou aux patients à risque (diabète, immunodépression, signes systémiques).

La surveillance sera attentive. L’amélioration est attendue en quelques jours. En l’absence de régression sous 48 heures, ou en cas d’aggravation, une consultation médicale est indiquée.

 

Panaris collecté (abcès formé) ou formes sévères

Le doigt est plus gonflé, on peut deviner l’abcès, la collection de pus. La douleur est importante, pulsatile.

Cela nécessite une consultation médicale rapide et éventuellement un traitement chirurgical : mise à plat du panaris sous anesthésie locale (incision et drainage du pus), parfois avec ablation partielle de l’ongle si l’infection est sous-unguéale.

Une antibiothérapie est souvent proposée à la place ou en plus de l’intervention chirurgicale pendant 5 à 7 jours :

Les soins post-opératoires et la surveillance seront mis en place par le médecin ou le chirurgien.

Si l’intervention chirurgicale n’est pas nécessaire parce que l’abcès est débutant ou pas assez collecté, une approche intégrative peut être utile en complément de l’antibiotique qui sera surement proposé.

Les soins locaux sont les mêmes que dans le 1er stade. L’objectif est :

  • Soit que l’abcès et l’infection se résorbent progressivement
  • Soit que le pus puisse s’écouler parce qu’il a « trouvé » une voie de sortie, parfois par la petite plaie qui a créé le panaris, souvent au bord de l’ongle.

Les remèdes homéopathiques cités dans le 1er cas restent valables : 

  • BELLADONNA 5CH est souvent proposé à ce stade : 3 granules 3 fois par jour, mais parfois plus souvent suivant l’inflammation
  • PYROGENIUM 9CH est systématique : 5 granules le matin au réveil ET le soir au coucher jusqu’à disparition de l’infection-
  • MYRISTICA Sebifera 4CH : 3 granules 3 fois par jour pour aider le panaris à « murir ».

Si l’infection « sort » avec écoulement de pus, passer le remède en 15CH : 3 granules 2 fois par jour

Si le pus peut s’écouler ou si le panaris a été opéré, on pourra ajouter pour aider à une résolution plus rapide :

  • HEPAR SULFUR 9CH : une dose le 1er jour
  • HEPAR SULFUR 12CH : une dose le 2è jour
  • HEPAR SULFUR 15CH : une dose le 3è jour
  • HEPAR SULFUR 30CH : une dose le 4è jour

Ce stade de panaris est délicat à prendre en charge et il est important de prendre l’avis d’un médecin. Si l’opération n’est pas nécessaire, la prise en charge intégrative, avec éventuellement un antibiotique, peuvent éviter une chirurgie toujours désagréable et bien plus longue à cicatriser. En cas d’opération, reportez-vous aux fiches sur l’accompagnement de la chirurgie.

Il faudra prendre au moins :

  • ARNICA 5CH : 3 granules 2 à 4 fois par jour suivant la douleur
  • STAPHYSAGRIA 5CH : 3 gr 3 fois par jour  pendant 1 semaine pour la cicatrisation.

 

Situations nécessitant une prise en charge spécialisée rapide

Cette situation n’est pas très éloignée de la précédente, mais les symptômes sont encore plus marqués avec parfois des symptômes généraux : fièvre, ganglions douloureux, mouvements du doigt très douloureux, voire impossibles. Les patients diabétique ou immunodéprimé entrent dans cette situation.

Une orientation vers un service de chirurgie de la main ou des urgences est recommandée dans ces cas.

Pour aller plus loin

Ces conseils n’ont pas vocation à remplacer une consultation médicale. Ils peuvent vous aider à mieux dialoguer avec votre médecin afin de faciliter le diagnostic et les choix thérapeutiques.

 Ils peuvent éventuellement vous permettre d’attendre le rendez-vous avec votre médecin si les délais sont un peu longs.