Bronchite aiguë

Mieux comprendre les pathologies des bronches

Distinguer bronchites aiguës et chroniques

La bronchite aiguë est une infection des poumons plus ou moins « profonde », pouvant toucher les grosses bronches et/ou les structures alvéolaires. Elle peut être d’origine virale ou bactérienne. Elle s’accompagne de toux et éventuellement d’une expectoration plus ou moins abondante et purulente.

Comme beaucoup d’infections aiguës, elle s’accompagne la plupart du temps de fièvre. On peut faire 1 ou 2 bronchites l’hiver de façon isolée, mais les bronchites aiguës surviennent fréquemment sur des terrains favorables et en particulier chez des bronchiteux chroniques.

La bronchite chronique n’est pas une infection, mais une inflammation chronique des bronches et des alvéoles qui sont abîmées, entraînant de la toux chronique accompagnée d’une expectoration plus ou moins fréquente, mais non purulente. De façon plus ou moins régulière, ces bronchites chroniques vont se surinfecter avec apparition de fièvre et surtout de crachats purulents.

Voilà les principales différences entre bronchite aiguë et bronchite chronique.

L’une peut être la conséquence de l’autre, mais la prise en charge est différente en fonction de l’existence ou non d’une bronchite chronique.

Les bronchites chroniques sont très liées au tabac et à la pollution. Ces différentes particules vont d’abord « encrasser » les poumons, entraînant une hypersécrétion de mucus qui a 2 conséquences :

  • Une toux chronique
  • Des surinfections plus fréquentes, car les bactéries se développent très bien dans ce mucus qui stagne à partir du moment où il est trop chargé en particules inhalées.

Puis, les alvéoles chroniquement remplies de mucus chargé en particules et soumises à des infections à répétition vont s’altérer, se déchirer et ainsi favoriser l’apparition de bronchite chronique, puis d’emphysème et pour finir d’insuffisance respiratoire.

Et rappelez-vous que lorsqu’une alvéole est détruite, elle ne se répare pas. Ce qui veut dire que les lésions pulmonaires sont souvent définitives.

On comprend alors l’importance d’une prise en charge énergique des bronchites aiguës et une prévention attentive des bronchites chroniques

LA BRONCHITE AIGUË : une pathologie potentiellement mortelle !

C’est donc une infection aiguë qui ne doit pas être négligée, car elle peut abîmer définitivement les poumons et surtout être potentiellement mortelle si elle n’est pas traitée correctement. 

Comment reconnaître une bronchite aiguë.

C’est théoriquement assez simple, puisque, dès qu’il y a une inflammation ou une hypersécrétion bronchique, on ressent le besoin de tousser.

Oui, mais voilà, les bronchites ne sont pas les seules causes de toux. Les trachéites et les laryngites s’accompagnent presque toujours d’une toux. Même les rhino-pharyngites, à cause de l’écoulement postérieur au fond de la gorge, peuvent entraîner une toux.

En revanche, les trachéites et laryngites donnent essentiellement des toux sèches. Ce qui veut dire que la plupart des toux grasses sont d’origine pulmonaire et signent une bronchite.

Cependant, certaines trachéites finissent par donner quelques expectorations (assez peu) et les écoulements nasaux postérieurs entraînent aussi une toux productive afin de pouvoir éliminer ces glaires qui coulent au fond de la gorge.

Reportez-vous aux fiches sur la toux et sur les laryngites et trachéites pour plus d’informations à ce sujet

Et inversement, certaines bronchites, au moins au début et surtout quand elles sont virales, peuvent donner des toux très sèches comme on le peut le voir avec le COVID-19.

Malgré tout, quand on tousse, c’est toujours parce qu’on ressent une gêne, qui peut être un chatouillement, un encombrement, voire une douleur qui vont entraîner un besoin de tousser.

Si cette gêne est située très haute, à la base du cou, il s’agit plutôt d’une trachéite, la plupart du temps virale, voire d’origine allergique ou en lien avec un reflux. Dans tous les cas, elle est très rarement bactérienne et le traitement est très différent des bronchites. Les trachéites peuvent donner des toux persistantes, très fatigantes et pénibles, mais n’auront jamais la gravité des bronchites, sauf peut-être dans de rares cas chez le petit enfant.

Reportez-vous aux fiches sur la pédiatrie pour ces sujets spécifiques.

Si la toux est déclenchée par une gêne au niveau du thorax, derrière le sternum ou plus rarement latéralement au niveau des côtes, alors il faut suspecter une infection bronchique.

Sachez que, parfois, la bronchite est plus sournoise, avec une toux assez faible. Mais en revanche, une douleur à la base d’un poumon, comme un point de côté, doit faire suspecter un foyer pulmonaire (un abcès), surtout que ce type de pathologie peut être grave. 

C’est pourquoi la suspicion d’une bronchite aiguë nécessite de consulter un médecin qui écoutera attentivement les poumons avec son stéthoscope et prescrira éventuellement une radiographie pulmonaire afin de vérifier l’absence d’un « foyer » qui signe un abcès du poumon. On parlera alors parfois de pneumonie ou de broncho-pneumonie, qui sont des pathologies graves nécessitant une antibiothérapie prolongée.

L’infection bronchique peut également se propager à la plèvre, ce tissu qui entoure les poumons et les relie à la cage thoracique. La plèvre est très innervée et une pleurésie (inflammation de la plèvre) entraîne des douleurs parfois violentes comme un point de côté qui ne passe pas. Cette plèvre peut, à cause de l’inflammation et de l’infection, se remplir de liquide (on parle d’épanchement pleural) et dans ce cas, elle n’est plus capable d’assurer sa fonction (qui est de participer au mécanisme respiratoire). C’est pourquoi une pleurésie peut donner un essoufflement et une fatigue importante. Mais c’est surtout la douleur qui prédomine.

Une atteinte de la plèvre peut se retrouver à l’examen clinique grâce au stéthoscope, mais aussi à la percussion des poumons qui retrouve une « matité » anormale. Elle sera confirmée par une radiographie et là encore nécessitera un traitement énergique.

Il existe des causes particulières de pleurésie, en particulier la tuberculose et le cancer bronchique, voire le cancer de la plèvre, qu’on appelle un mésothéliome.

Mais la plupart des bronchites aiguës ne touchent pas la plèvre, sauf en cas de foyer pulmonaire, ce qui est tout de même assez rare.

Vous voyez que rien n’est simple face à une toux ou des symptômes respiratoires.

En pratique : diagnostiquer une bronchite aiguë

On va suspecter une bronchite aiguë devant une toux liée à une gêne située derrière le sternum ou parfois sur les côtés, en regard des poumons, accompagnée d’un syndrome fébrile, c’est-à-dire de la fièvre plus ou moins élevée, parfois associée à des frissons et courbature (dans ce cas on parle de syndrome grippal). Cette toux peut être sèche, surtout au début d’une bronchite virale ou grasse, signant une hypersécrétion bronchique plus souvent en lien avec une infection bactérienne.

On regardera alors l’expectoration qui nous peut nous renseigner sur la cause :

  • Si le crachat est clair et assez liquide, on pourra évoquer une bronchite virale qui n’entraîne pas de pus
  • Si le crachat est épais et coloré, souvent jaune, voire vert, c’est un signe d’infection purulente signant une origine bactérienne
  • Si le crachat est blanc, épais et collant, cela évoque une cause allergique. Je ne traiterai pas les allergies respiratoires ni l’asthme dans ce dossier.
  • Si le crachat comporte des traces de sang, on parle d’hémoptysie. Elle signe l’importance de l’inflammation, mais n’est pas forcément un critère de gravité. En revanche, des crachats sanglants sans qu’il y ait de signes d’infections doivent nécessiter un bilan approfondi pour rechercher la cause qui peut être une tumeur, mais il existe bien d’autres diagnostics possibles face à une hémoptysie.

Je veux rappeler l’importance d’un examen médical en cas de suspicion de bronchite aiguë, car cette pathologie peut se révéler grave et ne doit jamais être négligée. Il m’arrive de soigner des patients à distance, par téléphone ou mail, en cas d’un rhume ou d’une rhino-pharyngite banale. Mais en cas de bronchite aiguë, je préfère toujours qu’ils se déplacent au cabinet pour évaluer l’importance des symptômes.

 

Pour autant, sachez que 80% des bronchites sont d’origine virale et dans la majorité des cas seront plutôt bénignes. Même la grippe dont on dit qu’elle peut être mortelle ne devient vraiment grave qu’en cas de surinfection bactérienne.

Pour aller plus loin

Ces conseils n’ont pas vocation à remplacer une consultation médicale. Ils peuvent vous aider à mieux dialoguer avec votre médecin afin de faciliter le diagnostic et les choix thérapeutiques.

 Ils peuvent éventuellement vous permettre d’attendre le rendez-vous avec votre médecin si les délais sont un peu longs.