AINS et infections hivernales : pourquoi l’ANSM tire la sonnette d’alarme
Les AINS, ou Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens, regroupent des médicaments courants comme l’ibuprofène ou le kétoprofène, pris contre la fièvre, la douleur ou l’inflammation.
L’ANSM c’est l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament
Elle nous rappelle qu’un comprimé pris pour faire tomber la fièvre c’est un geste qui parait anodin, répété chaque hiver dans des millions de foyers. Pourtant, depuis 2019, ce geste a précédé le décès de douze personnes en France, dont des enfants et de jeunes adultes en bonne santé. L’ANSM vient de rappeler pourquoi certains anti-inflammatoires doivent être évités pendant les infections hivernales
Ce que l'ANSM vient de rappeler
Face à la recrudescence des infections hivernales, l’ANSM recommande d’éviter les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en cas de syndrome fébrile. En première intention, l’agence conseille de privilégier le paracétamol pour traiter la fièvre ou la douleur.
Cette recommandation n’est pas nouvelle, mais l’agence a choisi de la réaffirmer avec force, alors que les infections ORL et grippales circulent largement, tous les hivers, sur le territoire.
En résumé : l’ANSM recommande le paracétamol en premier choix contre la fièvre et la douleur, et déconseille les AINS type ibuprofène ou kétoprofène pendant les infections hivernales.
Pourquoi ces médicaments peuvent aggraver une infection
Le problème ne vient pas d’un effet secondaire classique. Les AINS peuvent masquer les symptômes d’une infection bactérienne, notamment à streptocoque ou à pneumocoque. En atténuant la fièvre et la douleur, ils retardent le moment où le bon diagnostic est posé, et donc le moment où un traitement adapté commence.
Résultat : l’infection continue de progresser silencieusement, pendant que les symptômes semblent s’améliorer en surface.
En résumé : en masquant les signes d’alerte d’une infection bactérienne, les AINS peuvent retarder un traitement adapté et laisser l’infection s’aggraver.
Des chiffres qui donnent le vertige
Entre janvier 2019 et juin 2023, 216 cas graves ont été recensés en France : 162 avec l’ibuprofène, 54 avec le kétoprofène. Douze décès figurent parmi ces cas, dont ceux d’enfants et de jeunes adultes sans antécédent particulier.
Les complications observées sont sérieuses : sepsis, méningite, infection cutanée sévère. Dans la plupart des situations, l’AINS avait été pris pour calmer des symptômes grippaux, une infection ORL, ou des douleurs articulaires comme une entorse.
En résumé : 216 cas graves et 12 décès ont été recensés en quatre ans, avec des complications comme le sepsis ou la méningite, souvent après la prise d’un AINS pour une infection banale.
Dans quelles situations rester prudent
L’ANSM insiste particulièrement sur certains cas : la varicelle, la grippe et les infections ORL. Dans ces situations, le risque d’aggravation d’une infection bactérienne sous-jacente existe, même si un traitement antibiotique a déjà été démarré.
Le message reste simple. En cas de fièvre ou de douleur liée à une infection hivernale, le paracétamol doit rester le réflexe de première intention, sauf avis contraire de votre médecin.
En résumé : varicelle, grippe et infections ORL non confirmées font partie des situations où l’ANSM déconseille particulièrement les AINS, y compris sous antibiotique.
Ce qu'il faut retenir
- L’ANSM recommande le paracétamol en première intention contre la fièvre et la douleur pendant les infections hivernales.
- Les AINS comme l’ibuprofène ou le kétoprofène peuvent masquer les signes d’une infection bactérienne et retarder le bon traitement.
- 216 cas graves et 12 décès ont été recensés en France entre 2019 et 2023, dont des enfants et jeunes adultes en bonne santé.
- Les complications possibles incluent le sepsis, la méningite et des infections cutanées sévères.
- La prudence s’impose particulièrement en cas de varicelle, de grippe ou d’infection ORL non confirmée par un examen.
- Communiqué de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), 17 décembre 2025
Cet article est à visée informative et éducative. Il ne remplace pas un avis médical.






