partie 4 - Prostaglandines :
Le Secret Caché des Médecins

Dossier - Les lipides dans notre alimentation

Les graisses alimentaires : amies ou ennemies ?

Tout ce que je vais vous raconter maintenant est de la science pure connue de tous les médecins et chercheurs. Et pourtant vous n’en entendez jamais parler. Or, ce que je vais vous expliquer maintenant est probablement le plus important pour comprendre pourquoi votre alimentation va vous sauver la vie ou vous entrainer vers des pathologies potentiellement mortelles !

Je m’excuse par anticipation de la relative complexité des termes que je vais utiliser dans ce chapitre mais je vous promets que la conclusion sera claire et facilement applicable.

 

Les prostaglandines

Nous avons vus que les acides gras peuvent s’incorporer aux membranes cellulaires. Ils peuvent aussi être « brulés » pour produire de l’énergie nécessaire à l’organisme ou encore être stockés dans nos adipocytes.

Mais le devenir le plus important des acides gras polyinsaturés est d’être transformés en prostaglandines (aussi appelées eicosanoïdes) qui sont des molécules majeures de notre métabolisme.

Pour la petite histoire, la première prostaglandine a été découverte dans la prostate en 1935. C’est pour cela que ces molécules portent ce nom. En réalité, ces molécules dérivées des lipides sont produites par la plupart des organes.

Voyons d’abord les prostaglandines synthétisées à partir des oméga-6

Synthétisation des prostaglandines

PG1 : Prostaglandine de série 1   –   PGD2 / PGE2 : Prostaglandines D2 et E2 – PGI2 : Prostacycline de série 2 –  PGI3 : Prostacycline de série 3 – TXA2 : Thromboxane A2 – TXA3 : Thromboxane A3 – LTB5 : Leucotriène B5 – DGLA : Acide Dihomo-Gamma-Linolénique – EPA : Acide Eicosapentaénoïque – DHA : Acide Docosahexaénoïque – PNN : Polynucléaires Neutrophiles (cellules du système immunitaire) – PN : Polynucléaires – Trigly : Triglycérides – LDL : Low-Density Lipoprotein (lipoprotéines de basse densité, le « mauvais cholestérol »)

Série des  Oméga-6

Dans ce tableau on voit que le DGLA peut donner les PG1 ou Prostaglandines de type 1. Ce sont des molécules protectrices sur le plan cardio-vasculaire. Elles vont également favoriser le fonctionnement de notre immunité.

L’acide arachidonique qu’on appelle aussi AA va donner plusieurs prostaglandines différentes :

  • Des Leucotriènes dites de type 4
  • Des prostaglandines de type 2, en particulier PGD2 et PGE2
  • Du Thromboxane A2 ou TXA2
  • Des prostaglandines particulières appelées Prostacyclines qui, comme vous le constatez, sont les seules molécules protectrices de cette liste.

Cela veut dire que l’acide arachidonique (AA) est le précurseur des molécules les plus agressives pour notre organisme avec des actions :

  • Pro-inflammatoire
  • Pro-agrégantes favorisant les caillots
  • Pro-allergiques
  • Vaso-constrictive

Le pire de tous est sans aucun doute le thromboxane A2 (que j’écrirai maintenant TXA2), une prostaglandine qui aggrave le risque cardio-vasculaire et est le principal coupable du mécanisme des infarctus, bien plus que le cholestérol accusé injustement de tous les maux.

Mais pourquoi la nature a prévu ces molécules ? Simplement pour nous défendre contre des agressions et en particulier en cas de plaie ou de traumatisme. Toutes ces molécules sont effectivement indispensables pour empêcher une hémorragie en cas de plaie vasculaire. Elles vont favoriser la formation du caillot puis la réparation des tissus. Elles vont aussi participer aux défenses contre les infections et autres agressions extérieures.

Oui mais voilà, si on fabrique trop de ces prostaglandines, elles vont aussi favoriser l’hypertension puis l’infarctus ou l’AVC par la formation excessive de caillots dans les artères. Surtout si ces dernières sont agressées en permanence par la nicotine du tabac ou par un excès de sucre chez le diabétique ou même par le stress !

Bien entendu, la nature ayant tout prévu, il existe un antidote naturel à ces prostaglandines issues des oméga-6. Et vous l’avez déjà compris, il s’agit des prostaglandines synthétisées à partir des oméga-3 et en particulier de l’EPA.

 

Série des Oméga-3

L’EPA qu’on retrouve principalement dans les poissons mais qui peut aussi être fabriqué à partir de l’acide alpha linolénique (huiles végétales riches en oméga-3) va donc permettre de synthétiser plusieurs molécules essentielles pour notre santé :

  • le DHA, l’autre oméga-3 à longue chaine qui s’intègre aux membranes des cellules du système nerveux et de la rétine
  • Des prostaglandines de type 3 (PGI3)
  • Du thromboxane A3 (TXA3)
  • Des leucotriènes de type 5 (LTB5)

L’ensemble de ces prostaglandines issues de l’EPA va s’opposer de façon directe aux prostaglandines issues des oméga-6 permettant de créer un équilibre. Ainsi nous sommes capables de former un caillot ou une réaction inflammatoire pour réagir à un traumatisme ou une agression et nous sommes capables d’arrêter, de moduler ces réactions pour qu’elles ne prennent pas trop d’ampleur.

Et si nos artères sont agressées par le tabac (par exemple), le TXA3 viendra freiner l’ardeur du TXA2 pour limiter la fabrication de caillots qui, dans ce cas, seraient péjoratifs pour notre santé.

Vous comprenez mieux maintenant à quel point l’équilibre entre les oméga-3 et les oméga-6 est important et pourquoi notre alimentation moderne qui favorise un très mauvais rapport O3/O6 va ainsi favoriser les maladies cardio-vasculaires.

On peut résumer tout ce métabolisme des acides gras polyinsaturés par ce schéma :

métabolisme des acides gras polyinsaturés

De manière générale ces prostaglandines vont agir sur :

  • les muscles lisses des vaisseaux, entraînant une vasoconstriction ou au contraire une vasodilatation
  • les plaquettes, modifiant ainsi la fluidité du sang par l’augmentation ou la diminution de l’agrégabilité plaquettaire.
  • la réaction inflammatoire, la freinant ou la favorisant
  • Le système immunitaire et en particulier les réactions allergiques pour certaines d’entre-elles.
  • Des fonctions métaboliques et endocriniennes, les mouvements d’eau et de minéraux (actions complexes qui ne seront pas détaillées ici).

Si on veut réduire le risque de maladies inflammatoires ou cardio-vasculaire il sera indispensable d’avoir un bon rapport oméga-3/oméga-6 dans son alimentation.

Mais sachez qu’on peut aussi influencer un bon équilibre entre TXA2 et TXA3 grâce à des cofacteurs dont certains sont cités sur le 1er schéma ci-dessus :

  • Vitamine A
  • Vitamine E
  • Vitamine C
  • Vitamine B3
  • Zinc
  • Calcium
  • Magnésium

D’où l’importance d’une alimentation diversifiée et équilibrée.

Pour finir ce chapitre sur les AG Polyinsaturés, je veux vous rappeler que comme toute molécule insaturée, ils ont un talon d’Achille : La conservation et l’oxydation !

Toutes les qualités que nous venons de voir au sujet des Acides Gras Poly Insaturés (AGPI) devraient nous amener à ne consommer que ceux-là.

Mais encore une fois, l’excès n’est jamais bon en nutrition.

En effet, plus un AG est insaturé et plus il est instable. On dit qu’il va s’oxyder facilement. Pour protéger ces AGPI de l’oxydation, l’organisme va utiliser ses antioxydants qui ne seront plus disponible pour d’autres fonctions.

Sans rentrer dans les détails, les antioxydants sont essentiels pour lutter contre les phénomènes du vieillissement et contre la dégénérescence des cellules comme on peut le voir dans les cancers.

En consommant trop d’AGPI, on monopolise les vitamines et minéraux antioxydants de l’organisme qui se défendra mal contre les phénomènes de vieillissement.

Si les antioxydants viennent à manquer, les cellules riches en AGPI vont s’oxyder (s’abimer) plus vite et encore une fois l’organe va vieillir plus rapidement.

Ce n’est pas la dernière fois que j’insiste sur l’importance de l’équilibre et de la mesure dans notre consommation d’acides gras et sur le rôle capital des cofacteurs que sont les vitamines et minéraux.

Nous venons de parler de l’oxydation potentielle des AGPI au sein de notre organisme et du rôle protecteur des antioxydants.

Mais les huiles riches en AGPI vont aussi et surtout s’oxyder pendant leur conservation. Car les AGPI ne supporte pas la chaleur ni la lumière.

Les huiles riches en oméga-3 doivent donc être mises à l’abri :

  • de la lumière dans un flacon opaque aux UV
  • de la chaleur et donc conservées de préférence au réfrigérateur
  • de l’oxygène et donc consommées assez rapidement après ouverture de la bouteille, d’où l’importance de n’acheter que de petites bouteilles.

Et bien entendu, ces huiles ne supportent pas la cuisson. C’est pourquoi elles seront :

  • Choisies systématiquement de première pression A FROID, mais aussi vierges et biologiques
  • Consommées exclusivement CRUES

Ce qu'il faut retenir

  • Prostaglandines : dérivées AGPI ; oméga-6 → PG1 (protectrices), mais AA → TXA2/PG2 (pro-inflammatoires, pro-caillots).
  • Oméga-3 (EPA) → PG3/TXA3 : anti-inflammatoires, équilibrent oméga-6 ; protègent CV, immunité.
  • Équilibre O3/O6 essentiel ; cofacteurs (vitamines A/E/C/B3, Zn, Ca, Mg) aident.
  • AGPI oxydables : limiter excès, stocker au frais/sombre, consommer crues ; antioxydants nécessaires.

Pour aller plus loin

Ces conseils n’ont pas vocation à remplacer une consultation médicale. Ils peuvent vous aider à mieux dialoguer avec votre médecin afin de faciliter le diagnostic et les choix thérapeutiques.

 Ils peuvent éventuellement vous permettre d’attendre le rendez-vous avec votre médecin si les délais sont un peu longs.