Ibuprofène et grippe : les risques que vous prenez sans le savoir
Vous avez de la fièvre, vous êtes courbaturé. Réflexe immédiat : attraper la boîte d’ibuprofène dans l’armoire à pharmacie. Mais cette habitude très répandue peut, dans certains cas, mettre votre vie en danger. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) tire à nouveau la sonnette d’alarme.
Ce que l'ibuprofène fait vraiment pendant une infection
Un effet trompeur sur les symptômes
L’ibuprofène appartient à la famille des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Il soulage la douleur et fait baisser la fièvre. Le problème : il le fait trop bien.
Quand une bactérie s’installe dans votre corps, la fièvre et la douleur sont des signaux d’alarme. En les effaçant, l’ibuprofène peut donner l’impression que vous allez mieux… alors que l’infection progresse en silence.
Le médecin qui vous examine voit alors un tableau clinique faussé. Le bon diagnostic arrive plus tard. Et parfois trop tard.
Une aggravation des symptômes liés aux anti-inflammatoires
La réaction inflammatoire de l’organisme, quand il est agressé par un microbe, est un moyen de défense essentiel pour empêcher la progression de l’infection. La mortalité augmentée en cas de prise d’anti-inflammatoires pourrait être expliquée par le fait que le médicament combat cette réaction inflammatoire salvatrice et permet au microbe de se répandre plus facilement dans l’organisme. Si le microbe est agressif ou le système immunitaire un peu fragile, l’infection peut devenir beaucoup plus grave.
Des complications documentées et graves
Entre 2019 et 2023, 216 cas graves ont été déclarés en France suite à une prise d’ibuprofène ou de kétoprofène lors d’une infection courante. Douze personnes sont décédées, parmi lesquelles des enfants et de jeunes adultes en bonne santé.
Les complications recensées incluent le sepsis (infection généralisée), la méningite et des infections cutanées sévères. Ces drames sont survenus alors que les patients avaient pris ces médicaments pour traiter des symptômes grippaux, ou des douleurs banales, comme une entorse.
En résumé : l’ibuprofène et le kétoprofène peuvent masquer les signes d’une infection bactérienne sous-jacente. Ce masquage retarde le diagnostic et le traitement, avec des conséquences parfois graves ou mortelles. |
Ce que recommande l'ANSM
Le paracétamol, le bon choix
L’ANSM est claire : en cas de fièvre ou de douleur liée à une infection, le paracétamol est le médicament à privilégier. Il soulage sans masquer les symptômes qui permettent d’évaluer l’évolution de l’état du patient.
Le paracétamol n’a pas d’effet anti-inflammatoire. Ce n’est pas un défaut : c’est précisément ce qui le rend plus sûr dans ce contexte.
Sinon, l’homéopathie pourrait être une excellente alternative.
Quelles infections sont concernées ?
La recommandation de l’ANSM vise toutes les infections courantes non documentées biologiquement : la grippe, la varicelle, les infections ORL comme l’angine, la sinusite ou l’otite. Dans ces situations, éviter les AINS est conseillé même si des antibiotiques ont déjà été prescrits.
En résumé : pour traiter fièvre et douleur lors d’une infection, le paracétamol est la première option recommandée par l’ANSM. Les AINS comme l’ibuprofène ou le kétoprofène sont à éviter, y compris sous antibiothérapie. |
Concrètement, qu'est-ce qu'on fait ?
Les bons réflexes à adopter
Avant de prendre un anti-douleur, posez-vous cette question : est-ce que j’ai une infection en cours ? Rhume, grippe, maux de gorge, otite… Si la réponse est oui, préférez le paracétamol.
Si vous prenez déjà de l’ibuprofène et que votre état se dégrade, consultez rapidement un médecin. Ne concluez pas que vous allez mieux simplement parce que la fièvre a baissé.
En cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien avant toute automédication.
En résumé : dès qu’une infection est suspectée, évitez l’ibuprofène et le kétoprofène. Optez pour le paracétamol, et consultez un professionnel de santé si les symptômes persistent ou s’aggravent. |
Ce qu'il faut retenir
- L’ibuprofène et le kétoprofène (AINS) peuvent masquer les signes d’une infection bactérienne grave
- Entre 2019 et 2023, 216 cas graves et 12 décès ont été liés à leur usage lors d’infections courantes en France
- L’ANSM recommande le paracétamol en première intention pour traiter fièvre et douleur en cas d’infection
- Cette recommandation vaut pour la grippe, la varicelle et les infections ORL, même sous antibiotiques
- En cas de doute, consultez un médecin ou un pharmacien avant toute prise de médicament
Communiqué de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), 17 décembre 2025.
Cet article est à visée informative et éducative. Il ne remplace pas un avis médical.






