Sodas et risque cardiovasculaire : pourquoi le sport ne suffit pas ?
Beaucoup d’entre nous ont cette pensée rassurante après un repas arrosé de soda : « Pour compenser je ferai du sport demain. » Une grande étude menée sur 100 000 adultes pendant trente ans vient de démontrer que ce raisonnement ne tient pas. Le sport aide — mais il ne compense pas.
Ce que l'étude révèle, et ce qui surprend
Des chercheurs ont analysé les données de santé de près de 100 000 adultes sur une période de trente ans, en croisant leur consommation de boissons sucrées avec leur niveau d’activité physique et leur état cardiovasculaire.
Premier constat, attendu : consommer des boissons sucrées ; sodas, cocktails de fruits, limonades ; plus de deux fois par semaine augmente significativement le risque d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires. Ce risque grimpe encore davantage chez les personnes qui en boivent quotidiennement.
Deuxième constat, plus surprenant : ce risque persiste même chez les personnes qui respectent les recommandations officielles d’activité physique ; soit 150 minutes de sport par semaine. L’activité physique réduit le danger d’environ 50 %, selon le professeur Jean-Philippe Drouin-Chartier, de l’université Laval au Québec. Mais elle ne l’annule pas.
En résumé : Boire des sodas plus de deux fois par semaine augmente le risque cardiovasculaire, même chez les personnes physiquement actives. Le sport aide à réduire ce risque de moitié, mais ne l’efface pas complètement.
Pourquoi le sucre liquide pose un problème particulier ?
Le sucre contenu dans les boissons sucrées n’est pas traité par l’organisme de la même façon que celui des aliments solides. Absorbé très rapidement, il provoque des pics de glycémie répétés qui, sur le long terme, sollicitent de façon excessive le pancréas, favorisent l’accumulation de graisse viscérale et fragilisent les vaisseaux sanguins.
Contrairement à une part de gâteau, un verre de soda ne procure pas de sentiment de satiété, ce qui conduit souvent à consommer des calories supplémentaires sans s’en rendre compte. Et contrairement à ce que le sport peut compenser dans d’autres domaines, les effets métaboliques de ces pics de sucre répétés s’accumulent dans le temps, indépendamment de la dépense calorique.
En résumé : Le sucre liquide agit différemment dans le corps : il est absorbé très vite, ne rassasie pas et génère des effets métaboliques que l’activité physique ne neutralise pas entièrement.
Les versions « light » : mieux, mais pas la solution
La tentation est forte de se tourner vers les sodas édulcorés comme alternative. Et effectivement, les données de cette étude montrent qu’ils ne sont pas associés au même niveau de risque cardiovasculaire que les versions sucrées.
Mais les chercheurs invitent à ne pas en conclure qu’ils sont inoffensifs. L’Organisation mondiale de la santé a récemment mis en garde contre une consommation prolongée d’édulcorants artificiels, associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de mortalité prématurée chez les adultes.
Passer du soda sucré au soda light peut être une solution intermédiaire dans une démarche de réduction. Mais la destination finale, selon le professeur Drouin-Chartier, reste sans ambiguïté : supprimer au maximum tous ces sodas, édulcorés ou non !
En résumé : Les sodas light sont moins risqués que les versions sucrées, mais ne sont pas sans effets sur la santé à long terme. L’eau reste la seule boisson sans risque documenté.
Ce que vous pouvez faire concrètement
Les conclusions de cette étude ne sont pas une invitation à culpabiliser pour chaque verre bu, mais à reconsidérer les habitudes répétées. Quelques repères simples :
- Deux sodas ou plus par semaine, c’est le seuil à partir duquel le risque cardiovasculaire augmente de façon mesurable, pas deux litres par jour.
- Le sport reste précieux : réduire le risque de 50 %, c’est considérable. Il ne s’agit pas de l’abandonner, mais de ne pas lui déléguer la responsabilité de compenser des habitudes alimentaires problématiques.
- Remplacer les sodas par de l’eau gazeuse aromatisée naturellement, avec du citron, de la menthe, du concombre, peut aider à conserver le côté pétillant sans les inconvénients.
- Si l’arrêt brutal est difficile, passer d’abord aux versions light puis progressivement à l’eau est une stratégie raisonnable, à condition de ne pas s’y installer définitivement.
En résumé : Limiter les sodas à moins de deux fois par semaine, maintenir une activité physique régulière, et viser l’eau comme boisson principale : trois gestes simples dont les effets sur la santé cardiovasculaire sont documentés sur trente ans.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude sur 100 000 adultes pendant 30 ans confirme que les sodas augmentent le risque cardiovasculaire, même chez les personnes sportives.
- Le sport réduit ce risque d’environ 50 % — mais ne l’efface pas, même avec 150 minutes d’activité par semaine.
- Le risque commence à partir de deux consommations par semaine et augmente davantage avec une consommation quotidienne.
- Les sodas édulcorés (light, zéro) sont moins risqués à court terme, mais l’OMS déconseille leur consommation prolongée.
- L’eau reste la seule boisson sans risque cardiovasculaire documenté.
- Sport et alimentation équilibrée doivent aller de pair — l’un ne compense pas les excès de l’autre.
Jean-Philippe Drouin-Chartier et Lorena Pacheco et al., Université Laval, Québec — étude sur la consommation de boissons sucrées, l'activité physique et le risque cardiovasculaire, menée sur environ 100 000 adultes sur une période de 30 ans, publiée en 2025-2026.
Organisation mondiale de la santé (OMS) — recommandations sur les édulcorants artificiels et leurs effets sur la santé à long terme.
Article source : Devon Andre, « Risque cardiaque lié aux sodas : le sport seul ne suffit pas à compenser les dégâts », 1er janvier 2026.
Cet article est à visée informative et éducative. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de questions concernant votre santé cardiovasculaire, consultez votre médecin.






