Partie 2 - Graisses Monoinsaturées
L'Huile d'Olive :
Votre Alliée Santé Ultime
Dossier - Les lipides dans notre alimentation
Les graisses alimentaires : amies ou ennemies ?
Les acides gras monoinsaturés
Le principal représentant de cette classe est l’acide oléique qui, comme son nom l’indique, se trouve en particulier dans l’huile d’olive.
Cet acide gras possède donc une seule double liaison qui est située sur le 9ème atome de carbone. C’est pourquoi on dit de lui que c’est un oméga-9 !
Voici sa représentation spatiale.

Vous constatez que la double liaison entraine une angulation de la molécule qui n’est plus rigide et linéaire. Cette différence de configuration spatiale explique une grande partie des avantages des graisses insaturées.
A ce jour aucune étude n’a pu montrer le moindre effet secondaire à cet acide gras.
Et de fait, l’huile d’olive qui contient 70% d’acide oléique est une excellente huile pour la santé et explique à elle seule une bonne partie des avantages de la diète méditerranéenne et du faible taux d’infarctus dans le sud de l’Europe en comparaison avec les pays du Nord.
Surtout que l’huile d’olive, grâce à sa richesse en oméga-9 supporte mieux les cuissons en comparaison aux graisses polyinsaturées. Elle beaucoup plus stable que beaucoup d’autres huiles et peut sans problème être conservée hors du frigidaire bien qu’elle soit vierge et de première pression à froid.
Nous abordons ici un point important qui le sera encore plus pour les huiles riches en oméga-3 : pour qu’une huile soit de bonne qualité il faut absolument qu’elle soit « vierge » c’est-à-dire non coupée avec d’autres huiles et surtout de première pression à froid. Cette dernière caractéristique veut dire que l’huile n’a jamais été chauffée et que seule la première pression est utilisée pour la consommation.
Pour finir, une huile devrait toujours être bio car les pesticides sont lipophiles et si l’huile n’est pas bio elle peut contenir des traces importantes de pesticides.
Pour l’huile d’olive, elle est obligatoirement de première pression à froid mais ce n’est pas le cas pour les huiles issues de graines oléagineuses.
Le seul défaut de l’huile d’olive c’est qu’elle n’apporte pratiquement aucun acide gras polyinsaturés qui sont indispensables à une bonne santé comme nous allons le voir dans le chapitre suivant.
Les scientifiques nous disent que 50% des acides gras consommés chaque jour devraient être des acides gras monoinsaturés.
L’acide oléique réduit le risque cardio-vasculaire si on en consomme suffisamment [1][2]. D’abord parce que cette molécule est utile à la santé mais aussi parce que son utilisation évite de consommer du beurre et d’autres sources de mauvaises graisses.
Consommer une plus grande proportion d’AG monoinsaturés (AGMI) permet également de réduire la tension artérielle.[3]
En dehors de l’action cardio-vasculaire, l’huile d’olive favorise le fonctionnement de la vésicule biliaire et lutte contre la constipation
Si l’huile d’OLIVE est une des principales sources d’acides gras monoinsaturés, on en trouve aussi de grandes quantités dans l’huile de colza, les fruits oléagineux comme les amandes et les noisettes, mais aussi dans la graisse d’oie, les volailles en général et dans la viande de porc (voir les tableaux dans le chapitre sur les graisses saturées).
Ce qu'il faut retenir
- Acide oléique (oméga-9) : flexible, cardioprotecteur, réduit tension artérielle, aide digestion.
- Huile d’olive : 70% oléique, stable à cuisson, vierge/bio/1ère pression froide ; défaut : peu AGPI.
- 50% des AG quotidiens devraient être AGMI ; sources alternatives : colza, amandes, graisse d’oie.
- Pas d’effets secondaires connus ; clé de la diète méditerranéenne pour faible risque infarctus.
Pour aller plus loin
[1] GRUNDY SM. Monounsaturated fatty acids, plasma cholesterol and coronary heart disease. Am. J. Clin. Nutr. 1985; 45; 1168-1175
[2] BERRY EM, EISENBERG S, HARATZ D et al. Effects of diets rich in monounsaturated fatty acids on plasma lipoproteins. The Jerusalem nutrition study: high mufas vs high pufas. Am. J. Clin. Nutr. 1991; 53; 899-907
[3] STRAZZULLO P, FERRO-LUZZI A, SCACCINI C et al. Changing the mediterranean diet: effects on blood pressure. J of Hypertension 1986; 4; 407-4121
Ces conseils n’ont pas vocation à remplacer une consultation médicale. Ils peuvent vous aider à mieux dialoguer avec votre médecin afin de faciliter le diagnostic et les choix thérapeutiques.
Ils peuvent éventuellement vous permettre d’attendre le rendez-vous avec votre médecin si les délais sont un peu longs.