aliments ultra-transformés et santé

Aliments ultra-transformés et santé : ce que révèle la grande étude du Lancet

Nuggets, sodas, plats préparés. Vous en consommez sans doute chaque semaine, peut-être chaque jour. Mais que sait-on vraiment de leurs effets sur l’organisme ? En novembre 2025, des chercheurs internationaux ont publié dans la revue The Lancet trois études qui dressent un constat sans détour. Et elles ne se limitent pas aux calories en trop.

Une alerte scientifique portée par vingt ans de recherche

Le sujet n’est pas nouveau. Depuis deux décennies, le Pr Carlos Monteiro, épidémiologiste brésilien, alerte sur les aliments ultra-transformés. C’est lui qui a inventé ce terme, avant de créer en 2009 la classification Nova, aujourd’hui utilisée dans la plupart des études sur le sujet. En novembre 2025, il a coordonné la publication de trois articles majeurs dans The Lancet, aboutissement de dix années de travaux.

En résumé : Le Pr Monteiro alerte depuis vingt ans sur les aliments ultra-transformés. Sa classification Nova sert désormais de référence scientifique dans le monde entier.

Des risques qui dépassent largement le surpoids

La première étude compile 104 travaux scientifiques. Le constat est net : une consommation régulière d’aliments ultra-transformés augmente le risque de surmortalité toutes causes confondues. Diabète, obésité, maladie de Crohn figurent sur la liste des pathologies associées. Un résultat a particulièrement surpris les chercheurs : le lien avec des troubles psychiatriques comme la dépression. Dans la majorité des cas, plus la consommation augmente, plus le risque grimpe.

En résumé : Les aliments ultra-transformés sont associés à de nombreuses maladies : diabète, obésité, maladie de Crohn, mais aussi dépression.

Un tiers de notre alimentation, et bien plus ailleurs

En France, ces produits représentent déjà 35 % des calories consommées. Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Canada, la barre des 50 % est franchie. Le phénomène s’accélère aussi dans les pays émergents : la consommation a plus que doublé en trente ans en Chine, au Mexique et au Brésil. Seule éclaircie relevée par les chercheurs : la consommation de boissons sucrées recule en Occident, probablement grâce aux nouvelles réglementations.

En résumé : Les aliments ultra-transformés pèsent déjà pour plus d’un tiers de l’alimentation en France, et jusqu’à la moitié dans certains pays.

Le poids d'une industrie à 1 900 milliards de dollars

Pourquoi ces produits sont-ils partout ? Parce qu’ils rapportent énormément. Le chiffre d’affaires mondial généré par les aliments ultra-transformés est estimé à 1 900 milliards de dollars, soit plus de la moitié des dépenses alimentaires des foyers dans le monde. Pour défendre ce marché, plusieurs grands groupes agroalimentaires emploieraient des méthodes que les chercheurs jugent préoccupantes.

Des tactiques comparées à celles du tabac

« Ce sont des tactiques dignes de l’industrie du tabac », dénonce le Dr Chris van Tulleken, nutritionniste au King’s College de Londres. Selon les auteurs de l’étude, certains industriels chercheraient à décrédibiliser les recherches gênantes, à l’image de ce qu’a fait autrefois l’industrie du tabac face aux preuves scientifiques sur le cancer.

En résumé : L’industrie agroalimentaire pèserait 1 900 milliards de dollars et userait, selon des chercheurs, de méthodes de lobbying comparables à celles du tabac.

Vers des mesures plus strictes ?

Face à ce constat, les chercheurs proposent plusieurs pistes : un étiquetage obligatoire plus clair, une taxe sur les produits les plus nocifs, l’interdiction de la publicité ciblant les enfants, et des aides pour rendre les produits frais plus accessibles aux familles modestes. Le Chili et le Brésil ont déjà commencé à retirer les aliments ultra-transformés des cantines scolaires.

Toutes les critiques ne sont pas éteintes pour autant. Certains chercheurs jugent la classification Nova trop floue, au risque de classer des produits sains, comme certains laits végétaux, parmi les aliments à éviter. Mais même les voix les plus critiques reconnaissent l’urgence d’agir.

En résumé : Étiquetage renforcé, taxes, publicité encadrée : plusieurs pistes existent déjà, testées avec succès au Chili et au Brésil.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois études publiées dans The Lancet en novembre 2025 alertent sur les dangers des aliments ultra-transformés.
  • Leur consommation est associée à un risque accru de diabète, d’obésité, de maladies inflammatoires et de dépression.
  • Ils représentent déjà 35 % des calories consommées en France, et plus de 50 % dans certains pays.
  • L’industrie agroalimentaire, qui pèse 1 900 milliards de dollars, est accusée de méthodes de lobbying comparables à celles du tabac.
  • Étiquetage, taxation et encadrement de la publicité sont proposés pour inverser la tendance.

The Lancet, série d'articles sur les aliments ultra-transformés, 18 novembre 2025.

JIM.fr, « Les aliments ultra-transformés, encore un nouvel ennemi public numéro 1 », 20 novembre 2025.

Le Quotidien du Médecin, « Aliments ultra-transformés : un collectif de chercheurs internationaux alerte sur les méthodes de l'industrie agroalimentaire », 19 novembre 2025.

Cet article est à visée informative et éducative. Il ne remplace pas un avis médical.

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