Aliments ultra-transformés et sclérose en plaques : quel lien d’après la science ?
Et si votre assiette avait un rôle à jouer dans l’évolution de la sclérose en plaques ? Une étude présentée en 2025 apporte des éléments de réponse, et ils méritent votre attention.
L'étude BENEFIT, cinq ans de suivi pour 451 patients
Menée par une équipe de Boston dirigée par Gloria Dalla Costa, l’étude BENEFIT a suivi 451 patients présentant un syndrome cliniquement isolé, souvent le tout premier signe de la sclérose en plaques. Pendant cinq ans, les chercheurs ont mesuré leur exposition aux aliments ultra-transformés grâce à une signature métabolique basée sur 39 marqueurs sanguins.
En résumé : L’étude BENEFIT a suivi pendant cinq ans 451 patients à risque de sclérose en plaques, en mesurant leur consommation d’aliments ultra-transformés.
Des poussées 30 % plus fréquentes
Le lien avec la conversion vers une sclérose en plaques avérée n’est pas direct. Mais les résultats sur l’activité de la maladie sont frappants. Les plus grands consommateurs d’aliments ultra-transformés ont connu 30 % de poussées supplémentaires par rapport aux plus petits consommateurs. Leur cerveau présentait aussi davantage de lésions actives à l’IRM, et une progression plus rapide des dégâts tissulaires.
En résumé : Une forte consommation d’aliments ultra-transformés est associée à 30 % de poussées en plus chez les patients suivis.
Un effet indépendant de l'âge, du poids ou du tabac
Autre point marquant : ces résultats restent valables même après avoir pris en compte l’âge, le sexe, les traitements suivis, l’indice de masse corporelle, le taux de vitamine D ou le tabagisme. Les aliments ultra-transformés semblent donc jouer un rôle propre, et non se contenter de refléter un mode de vie moins sain.
En résumé : L’effet des aliments ultra-transformés persiste même en tenant compte des autres facteurs de risque connus.
Le coeur n'est pas le seul organe concerné
Les risques liés aux antidépresseurs pendant la grossesse ne s’arrêtent pas au cœur. D’autres travaux ont établi un lien avec un risque plus élevé de naissance prématurée et d’hémorragie après l’accouchement chez la mère.
Des recherches menées chez l’animal suggèrent également un possible impact sur le développement du cerveau du bébé, avec des comportements évoquant certains traits observés dans les troubles du spectre autistique chez la descendance.
En résumé : au-delà du cœur, les antidépresseurs pendant la grossesse sont associés à plusieurs autres risques, pour la mère comme pour le bébé.
Trois pistes pour expliquer ce lien
Comment expliquer cette association ? Les chercheurs avancent trois mécanismes possibles.
Une barrière intestinale fragilisée
Certains additifs, comme les émulsifiants et les conservateurs, laisseraient passer des toxines bactériennes dans le sang, activant une réponse immunitaire qui peut aussi toucher le cerveau.
Une myéline plus vulnérable
Les aliments ultra-transformés modifieraient la composition des lipides, rendant la myéline, la gaine protectrice des nerfs, plus sensible aux attaques auto-immunes.
Un stress cellulaire accru
Des marqueurs biologiques révèlent une perturbation de la production d’énergie dans les cellules, ce qui limiterait la capacité du cerveau à se défendre et à réparer les dommages.
En résumé : Barrière intestinale, myéline, énergie cellulaire : trois mécanismes biologiques pourraient expliquer ce lien.
Une mesure complémentaire, pas un traitement
« Les aliments ultra-transformés ne déclenchent pas la sclérose en plaques, mais ils pourraient bien en accélérer le cours », résume Gloria Dalla Costa. Pour la chercheuse, réduire leur consommation devrait devenir une recommandation systématique dans la prise en charge précoce de la maladie, au même titre que la vitamine D ou l’arrêt du tabac. Une piste simple et peu coûteuse, qui ne remplace en rien les traitements existants.
En résumé : Réduire les aliments ultra-transformés pourrait devenir un geste complémentaire aux traitements de la sclérose en plaques
Ce qu'il faut retenir
- Une étude sur 451 patients établit un lien entre aliments ultra-transformés et activité plus intense de la sclérose en plaques.
- Les grands consommateurs présentent 30 % de poussées en plus.
- Cet effet reste significatif indépendamment de l’âge, du poids ou du tabagisme.
- Trois mécanismes biologiques sont évoqués : barrière intestinale, myéline, stress cellulaire.
- Réduire les aliments ultra-transformés est présenté comme une mesure complémentaire, pas un substitut aux traitements.
Dalla Costa G., « Association of Ultra-Processed Food Intake with Increased MS Disease Activity: Findings from the BENEFIT Trial », ECTRIMS 2025, Barcelone, septembre 2025.
JIM.fr, « Les aliments ultra-transformés, accélérateurs de la sclérose en plaques ? », 6 octobre 2025.
Cet article est à visée informative et éducative. Il ne remplace pas un avis médical.




