Alcool et cancer : même un seul verre par jour augmente les risques
L’alcool fait partie de notre culture et de nos habitudes sociales. Mais savez-vous qu’il est aussi un facteur de risque de cancer, au même titre que le tabac ? Une consommation régulière, même modérée, augmente de façon significative les risques de développer plusieurs types de cancers. Voici ce que dit la science, et pourquoi votre corps vous dira merci si vous lèvez le pied.
Un lien prouvé entre alcool et cancer
De nombreuses études, notamment un rapport du chirurgien général des États-Unis, montrent que l’alcool est responsable d’environ 100 000 cas de cancer chaque année aux USA. Il est lié à au moins 7 types de cancers :
- sein,
- foie,
- colorectal,
- bouche,
- œsophage,
- gorge,
- larynx.
Même une seule boisson alcoolisée par jour augmente le risque. Chez les femmes, cela se traduit par +10 % de risques de cancer du sein.
Pourquoi l’alcool est cancérigène
Quand on boit de l’alcool, le corps le transforme en acétaldéhyde, une substance toxique. Cette molécule endommage l’ADN, favorise les mutations cellulaires et l’inflammation, créant un environnement propice au développement de tumeurs.
L’alcool augmente aussi les niveaux d’œstrogènes, ce qui joue un rôle direct dans le développement des cancers hormonodépendants comme celui du sein.
Et on fume en plus, l’alcool agit comme un solvant, facilitant l’entrée des substances cancérigènes du tabac dans les tissus. Résultat : un risque démultiplié comme on le voit dans les cancers ORL ou de la bouche.
Une méconnaissance inquiétante
Malgré des preuves solides, moins de 50 % des Américains savent que l’alcool est un facteur de risque du cancer colorectal. En comparaison, 91 % reconnaissent les dangers du tabac. Cette méconnaissance retarde la prévention.
Réduire ou arrêter : un effet mesurable
Bonne nouvelle : réduire ou arrêter l’alcool diminue les risques, et ce de façon très nette à long terme. Une abstinence de 5 à 20 ans peut réduire :
- de 50 à 70 % les risques de cancers de la bouche,
- jusqu’à 55 % les risques de cancer de l’œsophage.
Même chez les gros buveurs, les bénéfices sont spectaculaires après plusieurs années d’arrêt.
Notre corps se régénère
Arrêter l’alcool ne réduit pas seulement le risque de cancer. Cela améliore aussi :
- la santé intestinale,
- le système immunitaire,
- la régulation des inflammations,
- la capacité du corps à réparer l’ADN.
Certaines personnes, selon leur génétique, bénéficient même encore plus de l’arrêt complet, car elles dégradent moins bien l’acétaldéhyde, ce qui augmente leur vulnérabilité au cancer.
Ce qu’il faut retenir
- L’alcool est un cancérogène de classe 1, comme l’amiante ou le tabac.
- Il est responsable de plus de 740 000 nouveaux cas de cancer chaque année dans le monde.
- Même une consommation modérée est risquée.
- Réduire ou arrêter l’alcool peut considérablement diminuer les risques à long terme.
- Une bonne communication de santé publique est essentielle pour faire évoluer les mentalités.
On peut différencier le vin rouge de tous les autres alcools car le vin rouge contient des flavonoides qui sont des antioxydants puissants. C’est pourquoi 1 verre de vin rouge par jour peut réduire les risques de maladies cardio-vasculaires. Mais il ne faut pas dépasser cette dose sinon les risques dépassent les bénéfices.
- New England Journal of Medicine
- Rapport du Chirurgien Général des États-Unis
- OSUCCC – Comprehensive Cancer Center
- Organisation Mondiale de la Santé
- CIRC – Centre International de Recherche sur le Cancer